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Synchronisation musicale : placer ta chanson dans films et pubs

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Ce qu’est la synchro, les deux autorisations de chaque placement, comment la musique arrive dans les séries et les pubs, et comment préparer stems et métadonnées.

Une personne avec un casque dans un home studio, assise devant un clavier, regarde une scène de film sur un ordinateur portable dont l’écran n’affiche que des couleurs abstraites

La synchronisation, ou synchro, c’est l’autorisation d’associer une musique à des images : une scène de série, un film, une pub, une bande-annonce, un jeu vidéo ou une vidéo de marque. Utiliser une chanson déjà enregistrée demande deux autorisations. La première porte sur l’œuvre (paroles et musique) et vient de l’éditeur, ou des auteurs et compositeurs s’il n’y a pas d’éditeur. La seconde porte sur l’enregistrement, le master, et vient de son producteur : un label, ou toi si tu as financé et sorti le titre toi-même. Le prix se négocie au cas par cas. La musique arrive à l’image par des superviseurs musicaux, des librairies musicales, des agences de synchro et des éditeurs, et les chansons retenues sont celles qu’on peut autoriser vite : splits signés, un seul interlocuteur, instrumentales et stems prêts, métadonnées complètes.

Ce guide suit les sources officielles consultées en septembre 2026 et parle de la France, de la Suisse et du Québec. Ce n’est pas un conseil juridique : pour un vrai contrat, adresse-toi à un avocat spécialisé en musique.

Chemin vers l’imageQui c’estCe qu’il attend de toi
Superviseur musicalChoisit la musique d’un film, d’une série, d’une pub ou d’un jeu et en négocie les droitsUne proposition courte et ciblée, un lien privé, des droits faciles à obtenir
Librairie musicaleUn catalogue de titres faits pour l’image, licenciés aux productionsInstrumentales, stems, versions courtes, mots-clés et un contrat signé
Agence de synchro ou éditeurPropose tes chansons aux superviseurs et négocie pour toiLe droit de représenter la chanson, contre la part fixée par le contrat
En directUn cinéaste indépendant, un studio de jeu vidéo ou un créateur qui t’écritUne autorisation écrite : usage, durée, supports, territoire, durée des droits et prix

Les deux autorisations derrière chaque synchro

L’exemple de ce guide : Léa a écrit le texte et la mélodie de « Les Phares » ; Karim a fait l’harmonie et la production. Leur split sheet dit 50/50. Léa a financé l’enregistrement et l’a sorti elle-même : le master est à elle. Pas de label, pas d’éditeur.

Une série veut 30 secondes du refrain pour une scène où une personne marche seule sur une digue au petit matin. Pour l’utiliser, la production a besoin :

  1. De l’autorisation de synchronisation de l’œuvre, signée par Léa et Karim pour leurs parts, ou par une seule personne si l’autre l’y a autorisée par écrit.
  2. De l’autorisation d’utiliser le master, signée par Léa comme productrice de l’enregistrement.

Si personne ne joint Karim cette semaine-là, la scène se fera sans la chanson : le superviseur a des délais et passe au titre suivant de sa liste. D’où l’intérêt des chansons « one-stop » : une seule personne contrôle l’œuvre et le master, ou a mandat pour les deux, et peut dire oui le jour même.

Si la série voulait un nouvel enregistrement, par exemple l’actrice principale qui chante le refrain à l’écran, seule l’autorisation de l’œuvre serait nécessaire : le nouveau master appartiendrait à la production.

Les deux autorisations fixent la même chose : quelle scène ou quel spot, combien de secondes, musique de fond ou mise en avant, les supports (télé, plateformes, cinéma, internet), le territoire, la durée des droits et le prix. Quand l’épisode est diffusé, l’œuvre touche en plus des droits d’exécution publique, grâce au relevé des œuvres présenté plus bas.

Qui gère la synchro en France, en Suisse et au Québec

France (Sacem). La synchro se négocie avec l’éditeur, ou avec les auteurs et compositeurs s’il n’y en a pas, et avec le producteur du master. Quand il y a un éditeur, ce droit lui est souvent cédé par un contrat à part : le guide pratique de la Sacem pour les éditeurs cite le « contrat de cession du droit d’adaptation audiovisuelle » parmi les pièces qu’on peut joindre à la déclaration d’une œuvre. Si tu as signé avec un éditeur, relis ce contrat : il dit qui peut autoriser une synchro de ta chanson.

Suisse (SUISA). La SUISA l’écrit noir sur blanc pour la publicité à la télévision et au cinéma : les droits de synchronisation ne sont pas gérés par elle, ils s’obtiennent auprès des auteurs ou de leurs représentants, et auprès du label si la musique est sortie en disque ou en streaming, avant la production du film.

Québec (SOCAN). Pour une production audiovisuelle, la SOCAN demande une fiche de musique (cue sheet) qui liste chaque musique utilisée ; c’est ce document qui déclenche les droits de diffusion.

En Belgique, pose la question à la Sabam avant de signer quoi que ce soit : chaque société a ses règles, et ton contrat avec elle compte.

Comment la musique arrive dans les séries, les pubs et les jeux

Les superviseurs musicaux. La Guild of Music Supervisors, l’association professionnelle du métier aux États-Unis, le définit comme la supervision de tous les aspects musicaux du cinéma, de la télévision, de la publicité, du jeu vidéo et des autres médias audiovisuels. Concrètement, le superviseur lit le scénario ou regarde le montage, dresse une liste courte avec la réalisation ou l’agence, puis obtient les droits : il trouve les ayants droit, négocie et fait signer les deux autorisations. Il reçoit bien plus de musique qu’il ne peut en écouter, alors il travaille surtout avec des sources de confiance : éditeurs, agences, labels, librairies.

Les librairies musicales. Elles ont des catalogues pensés pour l’image : des titres classés par ambiance, tempo et genre, souvent avec instrumentales, versions courtes et stems, et des droits qu’elles peuvent licencier vite. Les contrats avec les compositeurs varient : certaines demandent l’exclusivité d’un titre, d’autres non. Avant de signer, lis l’exclusivité, la durée, le droit de modifier ou de renommer le titre, et le partage du prix de la licence et des droits d’exécution.

Les agences de synchro et les éditeurs. Une agence propose ton catalogue aux superviseurs et négocie quand une scène colle. Un éditeur fait cela et plus : déclarations, collecte, reprises. Les deux prennent une part de ce qu’ils rapportent, selon leur contrat. Le guide du contrat d’édition musicale détaille les points à vérifier. Si tu veux plutôt que d’autres artistes enregistrent tes chansons, le guide pour écrire des chansons pour d’autres artistes explique cette autre voie.

En direct. Courts métrages, petits documentaires, podcasts, studios de jeu indépendants, vidéastes. Souvent moins d’argent, mais des décisions rapides : un bon terrain d’entraînement. Mets chaque autorisation par écrit, même gratuite.

Ce qui rend une chanson facile à synchroniser

Le superviseur choisit la chanson qui colle à la scène, mais parmi celles qui collent, passe celle qu’on autorise sans friction :

  • Des droits réglés en une journée. Split sheet signé, tous les coauteurs joignables, producteur du master identifié.
  • Pas de sample ni d’emprunt non autorisé. Un sample ajoute au moins deux ayants droit à la discussion.
  • Un texte qui laisse de la place à l’image. Partir, revenir, attendre, recommencer. Peu de prénoms, de marques ou de dates qui enferment la chanson dans une seule histoire.
  • Une intro rapide et des points de coupe nets. L’ambiance arrive dès les premières mesures, le refrain peut ouvrir une coupe, et la chanson a une vraie fin, pas un fondu.
  • Des versions prêtes. Au minimum une instrumentale, et une version propre si le texte contient des gros mots.
  • Un son abouti. Un enregistrement maison passe s’il tient à côté d’un mix professionnel. Une maquette au téléphone sert à écrire, pas à proposer ; le guide de la maquette musicale explique la différence.

Stems, instrumentales et versions alternatives

Au montage, on coupe la musique à l’image. Plus tu fournis de versions, plus ta chanson peut occuper de moments.

FichierCe que c’estPourquoi on le demande
Mix principalLa chanson complète, master finalLa version retenue
InstrumentaleLe mix sans la voix leadPlacer un dialogue sur le refrain
A cappellaLes voix seulesBandes-annonces, remix, un moment vocal
Mix TVInstrumentale avec les chœursGarder la couleur du refrain sous un dialogue
Versions courtesPar exemple 60, 30 et 15 secondes, chacune avec sa finPubs et promos
StemsBatterie, basse, instruments harmoniques, voix lead, chœurs et effets séparésMonter sa propre coupe ou retirer une partie

Quelques règles pour des stems utilisables :

  • Tous démarrent au même point (0:00, mesure 1) et ont la même durée, pour s’aligner dès qu’on les pose dans la timeline.
  • Même fréquence d’échantillonnage et même résolution que le master. Demande la spécification exacte à la librairie ou au superviseur : chacun fixe la sienne.
  • Des noms clairs avec la chanson, la partie, le tempo et la tonalité, comme LesPhares_Stem_Batterie_76bpm_Re-mineur.wav. Le générateur de noms de fichiers garde le même modèle pour toutes les versions.
  • Exporte-les depuis ton logiciel de production (DAW) et garde la session : si on te demande « la même sans le tambourin », tu veux répondre dans l’heure.

Les métadonnées qui voyagent avec la chanson

Superviseurs et librairies cherchent par ambiance, tempo et thème, et autorisent par noms et codes. Mets ces données dans les champs de métadonnées du fichier quand ton export le permet, et dans une fiche d’une page jointe à chaque proposition :

  • Titre et version : principale, instrumentale, a cappella, mix TV, version 30 secondes.
  • Auteurs et compositeurs : nom légal, rôle, part, société de gestion et numéro IPI de chacun.
  • Édition : l’éditeur, ou « non édité », et l’administrateur s’il y en a un.
  • Master : producteur et contact.
  • Codes : l’ISRC de chaque enregistrement et l’ISWC de l’œuvre une fois attribué ; le guide des droits d’auteur explique les deux.
  • Contact one-stop : nom, e-mail, téléphone, et qui signe pour chaque partie.
  • Données de recherche : tempo, tonalité, durée, ambiance, genre et thèmes du texte, avec les paroles complètes et la mention propre ou explicite.

Pour le tempo et la tonalité, passe le mix final dans l’outil gratuit trouver la tonalité et le BPM : il analyse le fichier audio dans ton navigateur, et le fichier ne quitte pas ton appareil.

Splits, signatures et qui peut dire oui

Avant de proposer la chanson, tous les coauteurs doivent être d’accord pour la proposer, et sur qui signe. Écris-le. Le guide du split sheet explique ce qu’il contient, et le modèle de split sheet gratuit vérifie que les parts font 100 %.

Sépare trois choses :

  • Les parts de l’œuvre : qui a écrit quoi, selon le split sheet.
  • La propriété du master : qui a financé l’enregistrement et en est producteur. Ce peut être une seule personne pour une chanson à quatre auteurs.
  • Le pouvoir de signer : qui peut donner un prix et signer une autorisation, et dans quelles limites. Certains auteurs excluent des usages à l’avance, comme les campagnes politiques ou certains produits ; ça se décide avant qu’une offre arrive, pas après.

Un « ok, vas-y » par message n’est pas une autorisation. Et si l’œuvre est déclarée à ta société de gestion, vérifie que les parts déclarées correspondent au split sheet : les écarts bloquent les paiements. Le guide pour déposer une chanson explique la déclaration à la Sacem.

Après la synchro : le relevé des œuvres (cue sheet)

La synchro se paie une fois, à la signature. La diffusion paie encore, en droits d’exécution publique, et cela dépend du relevé des œuvres, qu’on appelle aussi cue sheet.

La Sacem met à disposition un modèle de relevé des œuvres, un fichier Excel qui recense toutes les œuvres, originales et préexistantes, contenues dans le film ou l’épisode, avec des champs obligatoires sans lesquels la déclaration n’est pas recevable. Sa notice conseille d’y reporter les codes des œuvres (ISWC et code œuvre Sacem) pour qu’elles soient identifiées plus vite. Au Québec, la fiche de musique de la SOCAN demande elle aussi le titre, les auteurs, l’éditeur, la durée et le type d’utilisation de chaque musique.

Donc, après une synchro :

  1. Déclare l’œuvre à ta société avant la diffusion, avec les mêmes parts que le split sheet.
  2. Demande à la production une copie du relevé des œuvres, ou au moins la confirmation qu’il a été envoyé.
  3. Vérifie que le titre, les noms et les codes correspondent à ta déclaration.
  4. Surveille tes relevés de droits aux dates de diffusion.

Exemple concret : le dossier de synchro de « Les Phares »

Léa et Karim décident de proposer la chanson à une agence de synchro et à deux superviseuses rencontrées dans un festival de courts métrages. Un après-midi de travail :

  1. Droits (20 minutes). Ils signent le split sheet : œuvre 50/50, master à Léa. Ils ajoutent une ligne : Léa est le contact one-stop, autorisée à donner un prix et à signer pour les deux, sauf pour la publicité politique.
  2. Versions (1 heure). Depuis la session de Léa : mix principal, instrumentale, a cappella, mix TV et versions de 60, 30 et 15 secondes, toutes finissant sur le dernier accord du refrain.
  3. Stems (30 minutes). Six stems à partir de 0:00, tous de la même durée : batterie, basse, claviers, guitares, voix lead et chœurs.
  4. Noms et métadonnées (20 minutes). Un seul modèle de nom pour les 13 fichiers, et une fiche : auteurs, Sacem, numéros IPI, ISRC, « non édité », 76 BPM, ré mineur, ambiance « aube, solitude, apaisement », thèmes « bord de mer, attente, lumière qui revient ».
  5. Lien privé (10 minutes). Une page avec le mix principal et l’instrumentale à écouter, et le dossier complet sur demande. Le guide pour partager une chanson inédite explique comment éviter les fuites.
  6. Proposition (10 minutes). Quatre lignes, écrites pour chaque destinataire :

Bonjour Claire, je suis Léa, autrice-compositrice à Nantes. « Les Phares » est une chanson lente et lumineuse sur l’attente au bord de la mer, 76 BPM, texte sans gros mot. Elle est one-stop : je détiens le master et j’ai mandat pour l’œuvre. Lien d’écoute : [lien]. Instrumentale, mix TV, versions courtes et stems sont prêts si elle convient à votre projet.

La même logique de proposition courte se retrouve dans le guide pour envoyer une maquette à un label : une chanson, un lien, pas de pièce jointe.

Les erreurs fréquentes

  • Proposer une chanson qu’on ne peut pas autoriser. Un coauteur injoignable ou un sample non déclaré.
  • Des pièces jointes non demandées. Un gros WAV dans un premier e-mail finit à la corbeille ; envoie un lien d’écoute.
  • Pas d’instrumentale. Beaucoup de scènes ont des dialogues ; sans instrumentale, tu perds ces scènes.
  • Des stems qui ne s’alignent pas. Points de départ ou durées différents : inutilisables au montage.
  • Des métadonnées contradictoires. Des noms ou des parts qui changent entre le fichier, la fiche et la société freinent l’autorisation et le paiement.
  • Signer avec une librairie sans lire. L’exclusivité et la durée décident pour des années de ce que tu peux faire du titre.
  • Déclarer l’œuvre après la diffusion. Déclare-la avant, pour que le relevé des œuvres trouve une correspondance.

Où intervient Zoundroom : la chanson prête à proposer dans un seul projet

Une demande de synchro arrive souvent au moment où tu t’y attends le moins et demande une réponse le jour même : tout ce qui concerne la chanson doit se retrouver en quelques minutes. Dans Zoundroom, chaque chanson est un projet qui réunit ses enregistrements, paroles, notes et fichiers, avec le même compte sur iOS, Android et le web. Pour « Les Phares », Léa importe le mix principal, l’instrumentale et l’a cappella exportés depuis son DAW, garde le texte et une note de crédits avec les splits, les numéros IPI, l’ISRC et le contact one-stop, et ajoute le split sheet signé en fichier. Elle partage le projet avec Karim (Free permet jusqu’à 2 artistes, Pro jusqu’à 5) et, avec Pro, ils laissent des commentaires horodatés sur le mix, comme « 0:36 : coupe nette pour la version 30 secondes ». Zoundroom n’exporte pas de stems, ne propose ni ne licencie de musique, ne déclare pas les œuvres et ne collecte pas de droits : ton DAW, ta société de gestion et tes partenaires s’en chargent. Prochaine étape : crée le projet de la première chanson que tu proposerais et écris sa note de crédits aujourd’hui. Découvre comment organiser tes projets musicaux dans Zoundroom.

Questions fréquentes

Combien rapporte une synchronisation ?

Il n’y a pas de tarif fixe pour une chanson du commerce. Chaque autorisation se négocie, et le prix dépend de l’usage (fond ou mise en avant), de la durée, des supports, du territoire, de la durée des droits et de la notoriété du titre. Une campagne nationale et un court métrage d’école n’ont rien à voir. Demande le budget avant d’annoncer un prix, et fais-toi envoyer l’offre par écrit.

Quelle différence entre synchro de l’œuvre et licence du master ?

La synchro de l’œuvre autorise l’utilisation des paroles et de la musique, et vient de l’éditeur ou des auteurs. La licence du master autorise l’utilisation d’un enregistrement précis, et vient de son producteur. Une chanson déjà enregistrée demande les deux ; une nouvelle version enregistrée par la production, seulement la première.

Faut-il un éditeur ou une agence pour décrocher des synchros ?

Non. Si tu contrôles tes chansons, tu peux les autoriser toi-même, et beaucoup de petites synchros se font ainsi. Un éditeur ou une agence apporte des contacts et la négociation contre une part des revenus fixée par contrat. Lis la durée, le territoire et l’exclusivité avant de signer.

Est-ce que je touche des droits quand ma chanson passe à la télé ?

L’autorisation de synchro se paie une fois. Quand l’émission ou la pub est diffusée, l’œuvre peut aussi générer des droits d’exécution publique par ta société de gestion, à condition d’être déclarée et de figurer sur le relevé des œuvres de la production.

Peut-on proposer une maquette pour une synchro ?

Seulement si elle sonne finie. On synchronise des enregistrements, et la chanson doit tenir face à des mixes professionnels. Une maquette peut intéresser un éditeur ou une librairie pour l’œuvre, mais pour une synchro en direct, propose le master final.

Sources

Toutes les pages ont été consultées le 28 septembre 2026.