Split sheet en musique : définition, répartition et modèle gratuit
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Le split sheet indique qui a écrit une chanson et la part de chacun. Ce qu’il contient, comment répartir avec un producteur ou un sample, exemples et modèle gratuit.
Un split sheet est un document court, signé par toutes les personnes qui ont écrit une chanson, qui dit qui en sont les auteurs et compositeurs et quelle part de l’œuvre revient à chacun. On y trouve le titre, la date, le nom légal de chaque personne, son rôle (paroles, musique, production), sa part (le total fait 100 %), sa société de gestion et son numéro IPI, son éditeur s’il en a un, et sa signature. Il se remplit à la fin de la séance d’écriture, tant que tout le monde se souvient de qui a fait quoi. Et il concerne la composition, c’est-à-dire les paroles et la musique, pas l’enregistrement (le master), qui a ses propres propriétaires et sa propre répartition.
Tu peux en remplir un tout de suite avec le modèle de split sheet gratuit : il vérifie que les parts font 100 % et prépare une page à imprimer ou à enregistrer en PDF, prête à signer. Ce guide explique la pratique courante et les démarches officielles en France, en Belgique, en Suisse et au Québec ; ce n’est pas un conseil juridique.
Ce que contient un split sheet
| Champ | Quoi écrire | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Titre | Le titre définitif et le titre de travail | Maquettes et déclarations peuvent utiliser l’un ou l’autre |
| Date | Le jour de l’écriture ou de l’accord | Indique la version concernée |
| Nom légal | Nom et prénom de chacun, plus le nom d’artiste | La société paie la personne inscrite sous ce nom |
| Rôle | Auteur (paroles), compositeur (musique), production, arrangement | La Sacem répartit par catégorie : le rôle compte |
| Part | La part de l’œuvre de chacun | Le total fait exactement 100 % |
| Société et IPI | Sacem, Sabam, SUISA, SOCAN… et le numéro IPI | Relie la personne à l’œuvre |
| Éditeur | Nom de l’éditeur, ou « aucun » | L’éditeur déclare et gère la part de cette personne |
| Signatures | Chacun signe et date | Montre que tout le monde a validé |
| Notes | Samples, interpolations, version de la maquette | Signale ce qui peut encore changer |
Garde deux décimales au maximum. Trois parts égales font 33,34 %, 33,33 % et 33,33 % ; avec 33,3 % chacun, le total s’arrête à 99,9 % et la déclaration ne tombe pas juste.
Le split sheet répartit la chanson, pas l’enregistrement
Une chanson sortie contient deux droits distincts, avec des propriétaires et des paiements séparés.
- L’œuvre (la composition) : mélodie, harmonie et paroles. C’est ce que répartit le split sheet et ce que tu déclares à ta société de gestion.
- Le master (l’enregistrement, ou phonogramme) : une version enregistrée précise. Son propriétaire, souvent celui qui l’a financée ou le label, et les contrats avec l’artiste ou le producteur décident de la répartition de ses revenus.
Léa et Hugo écrivent « Balcon d’août » avec une guitare et un mémo vocal sur le téléphone, et signent un 50/50. Quelques mois plus tard, le groupe de Hugo l’enregistre pour un petit label, propriétaire de cet enregistrement. Le contrat du label couvre le master ; les droits d’auteur suivent le split sheet. Si une chanteuse reprend « Balcon d’août », le 50/50 vaut aussi pour la reprise, et le contrat du groupe non. La SUISA le rappelle dans ses explications : la déclaration d’un enregistrement sur support sonore ne remplace pas la déclaration d’œuvre, et inversement.
Comment décider de la répartition
En France, la Sacem pose un cadre. Pour les droits d’exécution publique, son règlement général partage une œuvre éditée par tiers (auteurs, compositeurs, éditeurs) et une œuvre inédite ou sans éditeur à parts égales entre catégories : moitié paroles, moitié musique. Dans une même catégorie, les parts sont égales par défaut, mais les coauteurs peuvent convenir d’un autre partage. Pour la reproduction mécanique, la clé est contractuelle et figure sur le bulletin de déclaration. Le split sheet fixe donc surtout qui est auteur, qui est compositeur et comment se partage chaque moitié.
Ailleurs, les règles varient : la SUISA laisse les auteurs convenir librement de leurs parts (égales à défaut d’accord), la SOCAN verse les redevances selon les pourcentages convenus, et la Sabam applique les clés convenues dans le bulletin de déclaration, dans le cadre de son règlement.
Trois méthodes couvrent presque toutes les séances :
- Parts égales entre toutes les personnes présentes. Chacun reçoit la même part, quelle que soit la taille de son idée. C’est rapide et courant en pop.
- Selon l’apport. Les paroles se partagent entre ceux qui les ont écrites, la musique entre ceux qui l’ont composée : la logique des catégories Sacem.
- Mixte. Parts égales pour le noyau, et une part plus petite, convenue, pour qui a apporté un élément précis, comme le pont.
Aucune n’est « la bonne » : la bonne est celle que tout le monde signe. Fixe la méthode au début, au moment de poser l’objectif de la séance (le guide pour préparer et mener une session de coécriture montre comment l’ouvrir et la clore), et pas une fois que la chanson a pris.
Producteurs et topliners
Le producteur qui crée le beat, les accords et les motifs sur lesquels la chanson s’écrit a souvent composé une partie de la musique : il est compositeur sur le split sheet. Celui qui enregistre, arrange ou mixe une chanson déjà écrite, en général non : il est payé côté master, par un cachet ou un pourcentage.
Le topliner écrit la mélodie chantée, et souvent les paroles, sur la piste d’un producteur. La convention anglo-saxonne « 50 % piste, 50 % topline » cadre mal avec les catégories de la Sacem : la mélodie chantée, c’est de la musique, donc le topliner est aussi compositeur. On raisonne plutôt catégorie par catégorie, comme dans l’exemple 2.
Samples et interpolations
Un sample reprend un extrait d’un enregistrement existant : il faut l’autorisation du propriétaire du master (souvent un label) et celle des auteurs et éditeurs de la chanson d’origine. Une interpolation réenregistre une mélodie ou une phrase d’une autre chanson, et demande l’accord des ayants droit de cette œuvre ; la SUISA exige d’ailleurs leur autorisation écrite pour déclarer l’arrangement d’une œuvre protégée. En échange, ils prennent souvent une part de ta chanson. Tant que l’autorisation manque, note « Sous réserve d’autorisation ; parts réduites en proportion » et ne sors pas la chanson.
Exemple 1 : deux auteurs-compositeurs
Léa écrit presque toutes les paroles et la mélodie du refrain. Hugo apporte les accords, la mélodie du couplet et deux vers. Sans éditeur, la Sacem partage les droits d’exécution moitié paroles, moitié musique.
| Méthode | Léa | Hugo | Total |
|---|---|---|---|
| Parts égales dans chaque catégorie | 50 % | 50 % | 100 % |
| Paroles 50 = Léa 40 + Hugo 10 ; musique 50 = Léa 20 + Hugo 30 | 60 % | 40 % | 100 % |
Les deux se tiennent. S’ils choisissent 60/40, le split sheet précise la part de chacun dans chaque catégorie : paroles Léa 80 %, Hugo 20 % ; musique Léa 40 %, Hugo 60 %.
Exemple 2 : trois personnes, dont un producteur
Nassim, producteur, arrive avec une piste : beat, accords et un motif de synthé. Pendant la séance, Chloé écrit la mélodie chantée et presque toutes les paroles, et Maxime écrit le pré-refrain et trouve le titre.
| Catégorie | Nassim | Chloé | Maxime | Total |
|---|---|---|---|---|
| Musique (50 % de l’œuvre) | 60 % | 40 % | — | 100 % |
| Paroles (50 % de l’œuvre) | — | 70 % | 30 % | 100 % |
| Part de l’œuvre | 30 % | 55 % | 15 % | 100 % |
Chloé est compositrice et autrice : sa part vient des deux moitiés (20 % + 35 %).
Exemple 3 : un couplet ajouté après la séance
Une semaine plus tard, Inès écrit un nouveau deuxième couplet. Tout le monde s’accorde pour lui donner 30 % des paroles. Comme elle n’écrit que du texte, seule la moitié paroles se repartage : on multiplie les parts de paroles existantes par 0,7 (100 % moins les 30 % d’Inès), et la musique ne bouge pas.
| Personne | Paroles avant | Paroles après (× 0,7) | Part de l’œuvre après |
|---|---|---|---|
| Nassim | — | — | 30 % |
| Chloé | 70 % | 49 % | 20 % + 24,5 % = 44,5 % |
| Maxime | 30 % | 21 % | 10,5 % |
| Inès | — | 30 % | 15 % |
| Total | 100 % | 100 % | 100 % |
C’est un nouveau split sheet, pas une rature : nouvelle date, une note qui dit lequel il remplace, et la signature de tous, puisque Chloé et Maxime cèdent une partie de leur part.
Exemple de split sheet rempli
La feuille de l’exemple 3, telle qu’elle a été signée. Les noms, les numéros et l’éditeur sont fictifs.
Chanson : « Les Néons du port » (titre de travail « Piste Nass 3 ») · Date : 19 septembre 2026 · Remplace : le split sheet du 12 septembre 2026
| Nom légal | Rôle | Part | Société · IPI | Éditeur |
|---|---|---|---|---|
| Nassim Benali (« Nass ») | Compositeur, production : piste, accords, motif de synthé | 30 % | Sacem · 00000000011 | Aucun |
| Chloé Tremblay | Compositrice et autrice : mélodie, paroles | 44,5 % | SOCAN · 00000000022 | Éditions du Quai |
| Maxime Dubois | Auteur : pré-refrain, titre | 10,5 % | Sabam · 00000000033 | Aucun |
| Inès Rochat | Autrice : deuxième couplet | 15 % | SUISA · 00000000044 | Aucun |
| Total | 100 % |
Notes : musique = Nassim 60 %, Chloé 40 % ; paroles = Chloé 49 %, Maxime 21 %, Inès 30 %. S’applique à la chanson telle qu’on l’entend sur la maquette v3 du 19 septembre 2026. Aucun sample ni interpolation ; Nassim a joué le motif de synthé pendant la séance. Signé par les quatre le 19 septembre 2026.
Marseille, Montréal, Liège et Lausanne : quatre sociétés pour une chanson, et toutes les déclarations doivent reprendre les mêmes parts. L’IPI est le numéro international qui identifie un auteur ou un éditeur ; la SUISA gère ce système pour la CISAC, et tu reçois ton numéro en adhérant à une société.
Comment utiliser le modèle gratuit
- Ouvre le modèle de split sheet avant la fin de la séance, sur l’ordinateur ou le téléphone. Il démarre avec deux personnes à 50 % et la date du jour.
- Écris le titre de la chanson et vérifie la date.
- Clique sur Ajouter un auteur pour chaque personne en plus. Saisis le nom légal et la part, et coche l’apport : Paroles, Musique, Mélodie, Production ou Arrangement.
- Pour des parts égales, clique sur Répartir à parts égales : le modèle répartit 100 % avec deux décimales (33,34 %, 33,33 % et 33,33 % à trois).
- Remplis la société de gestion, le numéro IPI et l’éditeur de chacun, s’il en a. Mieux vaut un champ vide qu’un numéro inventé.
- Surveille le total : le modèle prévient si les parts ne font pas 100 % ou s’il manque un nom.
- Utilise les Notes pour la répartition par catégorie (paroles et musique), les samples, la version de la maquette ou « Remplace le split sheet du… ».
- Clique sur Imprimer ou enregistrer en PDF. Signature à la main, ou sur le PDF avec un service de signature électronique accessible à tous ; un coauteur à distance peut renvoyer la feuille scannée.
- Clique sur Copier en texte ou Télécharger .txt et envoie la répartition dans un seul e-mail à tout le monde. Un « D’accord » de chacun est une bonne sécurité.
Le modèle fonctionne dans le navigateur et n’enregistre rien dans un compte : la seule copie est le fichier que tu enregistres. Chaque coauteur et chaque éditeur garde le PDF signé, rangé avec la chanson, à côté des paroles et de la maquette, sous un nom comme les-neons-du-port_split-sheet_2026-09-19_signe.pdf ; le générateur de noms de fichiers crée des noms dans ce format.
Ce qui se passe après la signature
Chacun, ou son éditeur, déclare l’œuvre auprès de sa société avec les mêmes parts.
| Où | Société | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| France | Sacem | Déclaration obligatoire avant toute exécution ou reproduction, en ligne ou sur bulletin papier ; la répartition convenue entre ayants droit doit être justifiée |
| Belgique | Sabam | Un coauteur déclare en ligne ; les autres confirment par e-mail, sinon la déclaration est annulée après 45 jours |
| Suisse | SUISA | Déclaration en ligne ; pour une œuvre non éditée, tous les auteurs signent ; la clé de répartition, si elle est remplie, doit faire 100 % |
| Québec | SOCAN | Tu indiques les pourcentages convenus ; depuis son portail de 2026, les parts connues sont payées et le reste est mis en réserve |
Le split sheet signé est la pièce qui montre la répartition convenue. Et si la propriété d’une œuvre est contestée entre membres de la Sacem, son conseil d’administration peut trancher, à la demande écrite de tous les intéressés.
- Éditeurs. Si quelqu’un a un éditeur, envoie-lui la feuille signée : il déclarera la part de cette personne.
- Distributeurs. Au moment de mettre en ligne, DistroKid exige les vrais noms des auteurs-compositeurs : recopie ceux de la feuille. Sa fonction Splits partage ce que DistroKid encaisse pour l’enregistrement ; les droits d’auteur, il ne les gère qu’avec un service à part, DistroKid Publishing. Le « split » d’un distributeur est une répartition du master ; le guide de la distribution musicale aide à en choisir un.
Erreurs fréquentes
- Attendre la sortie. D’ici là, chacun se souvient de la séance à sa façon. Signe le jour même, avec la mention « provisoire » si la chanson n’est pas finie.
- S’arrêter à un accord oral. Un « 50/50, ça marche ? » en sortant de répète n’a rien d’un document. Signe et envoie la même copie à tout le monde.
- Des parts qui ne font pas 100 %. Trois fois 33,3 % donnent 99,9 % ; un 50/50 plus « 10 % pour le producteur » donne 110 %. Laisse le modèle vérifier le total.
- Oublier les noms légaux ou l’IPI. « Max », sans nom de famille ni IPI, est difficile à identifier pour une société. Demande les deux avant la déclaration.
- Confondre master et édition. Donner au batteur « 20 % de la chanson » quand tu pensais à 20 % de ce que le groupe touche sur l’enregistrement change la propriété de l’œuvre. Pour les enregistrements, un accord de groupe séparé.
- Ne pas le mettre à jour. Un couplet, une personne ou un sample en plus changent la répartition. Fais une nouvelle feuille datée, fais-la signer par tous et note laquelle elle remplace.
Où Zoundroom s’intègre : le split sheet signé dans le projet de la chanson
Dans Zoundroom, chaque chanson est un projet qui réunit ses enregistrements, ses paroles, ses notes et ses fichiers. Après la séance, ajoute le PDF signé, ou une photo de la feuille, au projet de la chanson, à côté des paroles, des versions datées de la maquette et des notes de séance. Invite tes coauteurs dans le projet pour que tout le monde ouvre les mêmes paroles et écoute la même maquette v3 que cite la répartition. Si un couplet tardif change les parts, ajoute la nouvelle feuille signée et note quelle version elle remplace. Tu gardes un historique daté de qui a écrit quoi, prêt quand une société, un éditeur ou un distributeur le demande. Zoundroom n’est pas un registre légal : il ne déclare l’œuvre à aucune société et ne remplace ni une déclaration ni un contrat. Découvre comment fonctionne la collaboration dans Zoundroom.
Si tu écris en groupe, le guide pour écrire une chanson en groupe explique comment tenir le reste du dossier commun, de la prise de référence à la prochaine tâche.
Questions fréquentes
Un split sheet a-t-il une valeur juridique ?
C’est la trace écrite de ce que les auteurs ont convenu, celle que demandent les sociétés : la Sacem veut une répartition justifiée, la SUISA la signature de tous les auteurs d’une œuvre non éditée. Sa force dans un litige précis dépend du droit applicable, de sa rédaction et de sa signature. Ce n’est pas un contrat d’édition et il ne cède aucun droit. S’il y a de l’argent en jeu ou un désaccord, consulte un avocat spécialisé en musique.
Le producteur a-t-il une part d’auteur ?
Seulement s’il a écrit une partie de la chanson, comme les accords, le beat, les motifs ou la mélodie sur lesquels elle repose : il est alors compositeur. S’il a enregistré, arrangé ou mixé une chanson déjà finie, il est normalement payé côté master. Clarifie son cas avant la séance.
Peut-on modifier un split sheet ?
Oui, si toutes les personnes qui y figurent sont d’accord : une nouvelle feuille datée, qui dit laquelle elle remplace, signée par tous. Une seule personne ne peut pas changer la répartition. Si l’œuvre est déjà déclarée, la déclaration doit être mise à jour.
Quelle différence entre un split sheet et un contrat d’édition ?
Le split sheet lie les coauteurs entre eux et dit quelle part de la chanson revient à chacun. Le contrat d’édition lie un auteur et un éditeur, qui déclare, encaisse et exploite la part de cet auteur en échange d’une partie des revenus, pour une durée et un territoire. Le split sheet vient d’abord ; chaque contrat d’édition ne porte que sur la part de son auteur.
Sources
Toutes les pages ont été consultées le 27 septembre 2026.
- Sacem : Statuts et Règlement général 2026 (statuts art. 9 et 16 ; règlement général art. 38, 45 à 47, 57 à 61).
- Sabam : conditions de MySabam et Statuts et règlement général 2026.
- SUISA : explications sur la déclaration d’œuvre, Règlement de répartition 2025 et qu’est-ce que le numéro IPI.
- SOCAN : foire aux questions et guide de gestion du catalogue d’œuvres, 2026 (en anglais).
- CISAC : système IPI.
- Centre d’aide de DistroKid : Splits, droits d’auteur et vrais noms des auteurs.